Saint-Just-le-Martel 2008
27ème Salon International
de la Caricature, du Dessin de Presse et d'Humour.
Saint-Just-Le-Martel (12 km de Limoges),
du 27 septembre au 5 octobre 2008
Site : www.st-just.com
Contact : salon.humour@wanadoo.fr
(ou mairie.stjustlemartel@wanadoo.fr)
Au centre du "plateau des mille vaches", à une volée de chevrottine de Limoges, sur un vaste parquet de bois bien ciré recouvert de moquette et sous un immense chapiteau de toile que ne renierait certainement pas le cirque Barnum (2000 m2): plusieurs expositions pertinentes, d'innombrables invités dessinateurs arrivant de partout, même des autres continents, un bar achalandé avec comptoir en zinc et banquettes moelleuses, une cantine V.I.P. de qualité, des conférences et des spectacles captivants et plusieurs prix originaux, voire insolites puisqu'arrivant sur pied, à savoir de bonnes grosses vaches laitières lâcheuses de bouses fraîches, décernées à quelques dessineux méritants (sans le foin ni l'étable pour l'hiver), des trophées sans doute encombrants pour qui grattent sous mansarde à Paris, mais des trophées heureusement convertibles en argent sonnant et trébuchant selon le cours de la viande bovine à Rungis...
L'affiche de ce 27ème salon est l'œuvre du dessinateur algérien Ali Dilem qui reçut le "Prix de l'humour vache" l'année précédente (voir "St-Just-le-Martel 2007").
Confidence d'un des organisateurs : sur le premier dessin envoyé par Dilem la vache lâchait en guise de pêt un nuage atomique... L'accusation faite aux vaches de participer gravement au percement de la couche d'ozone par leurs flatulences crée toujours de l'embarras dans le Limousin. il ne fallait donc pas en remettre une couche...
Un second dessin, plus consensuel, est ainsi réalisé.
Même en France, le pauvre Ali est confronté à la censure...
Plusieurs expositions de dessins sont organisées en marge du salon de Saint-Just-le-Martel, au cœur de Limoges.
Cette année, l'ami Nalair expose dans le hall de la célèbre gare historique de la cité limousine.
La Chambre de Commerce de Limoges met quant à elle à l'honneur les caricatures de Jean-Michel issues de son ouvrage "Mines de rire".
Le coin consacré à Jean-Michel : deux panneaux de dessins publiés dans Midi Libre lors des dernières élections présidentielles. Ici les candidats sur la une du quotidien languedocien...
... Ici deux "pleines pages couleurs", du même Midi Libre : Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Un troisième, consacré à François Bayrou, fut publié dans cette série préélectorale (dessins à retrouver dans "Caricatures récentes").
Parmi les différentes expositions de ce salon, la toute première en entrant est consacrée à l'histoire de la censure appliquée en France au dessin de presse, et est tirée de l'ouvrage de Jean-Michel : "Censure et caricatures" (à retrouver dans "Biblio" et "Presse"). Le dessin d'entrée est l'original de celui qui figure sur la couverture du livre...
...par précaution sous la jaquette !
Certes, il s'agit d'autocensure,
mais il fallait surtout éviter que les libraires ne se fassent exploser leurs vitrines. Publié seulement six mois après le pataquès instrumentalisé de l'"affaire Mahomet", le sujet était toujours très chaud !...
Marianne, l'icone de La Liberté, une personnalité éminemment chère à Jean-Michel puisqu'il lui a également consacré une lourd volume (voir "Les fées de la République" dans "biblio"), est ici dos à dos avec l'intégriste aveuglément meurtrier de l'Islam...
Le sujet "Censure" est encore à l'honneur, ce week-end-là, lors d'une conférence-débat organisée sur le podium du salon par le club de la presse de Limoges.
À l'extrême droite : Loup qui a récemment rejoint l'équipe de "Siné Hebdo", suite à la toute récente affaire "Siné/Charlie Hebdo"... Une désarmante histoire d'autocensure, gérée de façon calamiteuse par Philipe Val, le rédac'chef de ce qui fut, jusqu'à lors, le dernier bastion de l'irrespect et de la dérision en France...
Alain Roche, alias "Nalair" ("de rien"), et Jean-Michel se lamentent ici devant un dessin de l'exposition consacrée à Roger Blachon, récemment décédé.
Un constat partagé avec toute la profession : il n'y a (presque) plus de place dans les journaux pour le dessin satirique. Le prétexte : restrictions de budget face à l'écroulement des chiffres de vente. La raison majeure : l'impact d'un dessin est trop direct, et donc trop dangeureux face à des associations (notamment d'obédience religieuse) qui dégainent aussitôt leurs avocats afin d'obtenir de très lourds dommages et intérets...
Pour toute la profession,
et pour la garantie de nos libertés premières :
Gare à la jurisprudence !
En attendant que le paysage s'éclaircisse en France, qui osera lever le petit doigt pour que les dessinateurs "poils à gratter", purement et simplement, ne meurent pas ?
Le samedi 27 septembre 2008 est riche en festivités à Saint-Just-le-Martel, toujours accompagnées par la fanfare hirtorique de Limoges (ce jour-là très jazzy) : "Les gueules sêches", notamment l'inauguration de l'exposition restrospective de Honoré Daumier (notre maître à tous!) et celle, très émouvante, de l'Espace Blachon (nouveau centre culturel du village)...
Autre temps fort à ne jamais manquer le dimanche matin de chaque week-end de salon : l'apéro donné, chez lui, par le curé du village à tous les dessinateurs...
Ce cliché est historique puisque sur la même image, Gérard Vandenbrouck, le maire socialiste (aussi vice-président du Conseil régional) et fondateur du salon, est cerné à sa gauche par le pétulant Don Camillo du village, et à sa droite par Dieu : le jeune dessinateur Dieu (Eh oui, Dieu est l'authentique nom inscrit sur son passeport)... que le sort, ici, a placé sous la photo ...d'une croix.
L'heure des cadeaux offerts par le curé à ses deux prestigieux invités/adversaires locaux : une Marianne en porcelaine de Limoges au préfet de la Haute-Vienne et une photo souvenir datant du tout premier festival, à Gérard Vandenbrouck : un cliché où Don Camillo est facétieusement au-dessus de Pepone...
À l'extrême droite : Jacky Redon.
Nalair et Jean-Michel, pleurant une fois encore sur le sort de la profession de cartooniste, avec l'aide de la cuvée 2008 du vin du festival (étiquette collector !)... De l'avis de tous la cuvée 2007 était meilleure. Tout part décidément en couille !...
.. Une cuvée qui, semble-t-il, fut néanmoins très appréciée par les collègues étrangers, comme ici, trinquant avec Patricia, l'ami germanique Peter Ruge.
Revenons à ce propos à la séance "apéro" du curé : au presbytaire, les breuvages furent de qualité et, comme l'a expressément réclamé le don Camillo local, "bus en quantité !".
Ce cliché est une fois encore exceptionnel puisqu'il célèbre la seule occasion que le sort donna à Jean-Michel, ce "bouffeur invétéré de curés", de trinquer avec un authentique représentant du clergé...
La salle où les visiteurs, de bonne grâce, se font tailler le portrait par les dessinateurs spéciaiisés en a matière...
Ici Jean-Michel caricaturant Solange de face, tandis qu'à la même table, l'anglo-africain Tayo (ici debout) travaille simultanément le profil...
... Le résultat : Solange, au sempiternel crayon bleu "Prismalo" Caran d'Ache, série spéciale "Mines de rire"/Rire et chansons" (toujours aussi collector).
Un crayon qui ne fait pas de détail et qui triture avec la même taquinerie les amis bénévoles du salon : ici Irène...
... puis son compagnon, l'ami Michel.
Puis Roselyne,
Puis Galit, venue tout spécialement d'Israël...
Au passage, micros et caméras (ici France 3) font des haltes interviewes parmi les tables. C'est toujours bon pour le "buz" !
... et puis ça repart à la mine bleue. Ici Florence...
Tirs croisés entre Jean-Michel et le dessinateur turc Kemmal Akkoç.
Retrouvailles au crayon bleu avec Jacky Redon qui livra, comme Jean-Michel, des dessins au journal "Pilote" dans les années soixante-dix...
Un autre cartooniste turc très sympathique, nommé Senyavas.
Le salon offre aussi l'occasion, pour un caricaturiste, de tisser des relations avec l'étranger.
Ici Jean-Michel est sollicité pour diverses prestations sur l'autre rive de la Méditerranée par le dessinateur israëlien Michel Kichka et Galit Gaon du "cartoonmuseum" de Jérusalem...
Affaire à suivre !
vient ensuite le tour des visiteurs,
ici Mireille...
... Jacques
... Léna et sa pépette Béa.
Les garçons sont en effet, comme les fillettes, la proie du crayon bleu :
ici le souriant Énak...
Les petites filles se laissent aussi croquer par le méchant crayon bleu, comme ici, l'adorable Jehanne...
... son frère Anne-Louis (parait, d'après son père, qu'il vouvoie !, qu'Anne était autrefois un prénom de garçon...) se livre ensuite à l'ogre dessineux...
... suivi encore par son plus grand frère Philippe (il y en eut de fort célèbres !).
Une histoire de famille... à l'ancienne : droite, aimable, volontaire et solidaire, comme il en fleurit beaucoup ces derniers temps en France, en province surtout, mais aussi dans quelques arrondissements aisés parisiens.











